Au casting : Constance Wu, Jennifer Lopez, Keke Palmer, Lili Reinhart, Julia Stiles, Wai Ching Ho
D'un coup d'œil
Scènes et dialogues entre femmes : plus des 3/4 des dialogues
Test Bechdel-Wallace : validé +++
J'aime : sororité, femmes moteur de l'action, femmes racisées, aux physiques variés, thèmes d'indépendance, de désir d'émancipation, peu de nudité malgré les strip-teases. Ça tape pas mal sur les mecs.
J'aime : sororité, femmes moteur de l'action, femmes racisées, aux physiques variés, thèmes d'indépendance, de désir d'émancipation, peu de nudité malgré les strip-teases. Ça tape pas mal sur les mecs.
Trigger
warnings/ violences contre les femmes : femmes sexualisées, agression sexuelle, on parle de prostitution
J'aime pas : peut-être trop de scènes de strip-tease au début ?
Note féministe : 4/5
Pour en savoir plus (attention, spoilers)
New York, années 2000. Dorothy danse dans un club de strip-tease et se lie d'amitié avec Ramona, la star du club, qui la prend sous son aile. Elles mènent un bon train de vie grâce aux milliers de dollars dépensés chaque soir par les loups de Wall Street, alors rois du monde. Quand arrive la crise de 2008, tout s'effondre et les danseuses se retrouvent au chômage. C'est alors que Ramona propose un plan à ses anciennes collègues : les banquiers et autres traders de Wall Street trichent et volent en toute impunité, alors pourquoi ne pas leur rendre la pareille ?
Comment filmer des strip-teaseuses sans sexualiser ses personnages ? Lorene Scafaria semble avoir trouvé la réponse : oui, elles sont sexualisées, parce que leur métier est par essence sexualisant, et elles sont elles-mêmes conscientes de vendre du désir aux hommes. Mais elles sont aussi des êtres à part entière qui font en sorte, malgré tout, de garder le contrôle, sur scène et dans leur vie privée. La première réplique du film, "this is a story about control", est très bien illustrée par Ramona, quand elle explique les ficelles du métier à Dorothy : il faut toujours savoir à qui on a affaire et comment en tirer profit. Elles vivent dans un univers où elles dépendent financièrement d'hommes blancs dominants consommateurs de sexe, et exploitent leurs failles pour gagner leur vie. Mais Queens est aussi une histoire de femmes qui se lient, se soutiennent, s'associent. Déjà au club, où l'on voit les strip-teaseuses échanger entre elles dans les coulisses, dans l'une des scènes les plus réussies du film. Et surtout, au sein du groupe constitué par Ramona et Dorothy. Elles opèrent ensemble, partagent les gains, se présentent comme étant des sœurs et forment vite une famille. Elles vivent sans hommes et bénéficient d'une indépendance financière qui garantira à leurs filles de choisir leur avenir. Le dernier aspect intéressant, non des moindres, de Queens est justement l'arnaque au cœur du film : Ramona, Dorothy et leurs protégées droguaient des hommes, les noyaient sous l'alcool, de façon à vider leur compte en banque sans qu'ils en aient le moindre souvenir le lendemain matin (la séquence où Ramona et Dorothy cherchent le bon dosage de drogues est un régal). La motivation de Ramona est simple : des millions d'Américain·es ont tout perdu du jour au lendemain à cause des loups de Wall Street qui jouent avec leur argent comme au Monopoly en toute impunité. En se servant dans leurs poches, elles réparent une injustice (évidemment, il y a aussi des femmes à Wall Street, mais c'est un univers majoritairement masculin et extrêmement misogyne). La réplique-clé du film, "This city, this whole country, is a strip club. You've got people tossing the money, and people doing the dance" (Cette ville, le pays entier est un club de strip-tease. Il y a ceux qui jettent l'argent, et ceux qui dansent), est une excellente définition des injustices du néo-libéralisme. Les héroïnes de Queens et la famille de Sorry We Missed You (le dernier Ken Loach) mènent le même combat.
Comment filmer des strip-teaseuses sans sexualiser ses personnages ? Lorene Scafaria semble avoir trouvé la réponse : oui, elles sont sexualisées, parce que leur métier est par essence sexualisant, et elles sont elles-mêmes conscientes de vendre du désir aux hommes. Mais elles sont aussi des êtres à part entière qui font en sorte, malgré tout, de garder le contrôle, sur scène et dans leur vie privée. La première réplique du film, "this is a story about control", est très bien illustrée par Ramona, quand elle explique les ficelles du métier à Dorothy : il faut toujours savoir à qui on a affaire et comment en tirer profit. Elles vivent dans un univers où elles dépendent financièrement d'hommes blancs dominants consommateurs de sexe, et exploitent leurs failles pour gagner leur vie. Mais Queens est aussi une histoire de femmes qui se lient, se soutiennent, s'associent. Déjà au club, où l'on voit les strip-teaseuses échanger entre elles dans les coulisses, dans l'une des scènes les plus réussies du film. Et surtout, au sein du groupe constitué par Ramona et Dorothy. Elles opèrent ensemble, partagent les gains, se présentent comme étant des sœurs et forment vite une famille. Elles vivent sans hommes et bénéficient d'une indépendance financière qui garantira à leurs filles de choisir leur avenir. Le dernier aspect intéressant, non des moindres, de Queens est justement l'arnaque au cœur du film : Ramona, Dorothy et leurs protégées droguaient des hommes, les noyaient sous l'alcool, de façon à vider leur compte en banque sans qu'ils en aient le moindre souvenir le lendemain matin (la séquence où Ramona et Dorothy cherchent le bon dosage de drogues est un régal). La motivation de Ramona est simple : des millions d'Américain·es ont tout perdu du jour au lendemain à cause des loups de Wall Street qui jouent avec leur argent comme au Monopoly en toute impunité. En se servant dans leurs poches, elles réparent une injustice (évidemment, il y a aussi des femmes à Wall Street, mais c'est un univers majoritairement masculin et extrêmement misogyne). La réplique-clé du film, "This city, this whole country, is a strip club. You've got people tossing the money, and people doing the dance" (Cette ville, le pays entier est un club de strip-tease. Il y a ceux qui jettent l'argent, et ceux qui dansent), est une excellente définition des injustices du néo-libéralisme. Les héroïnes de Queens et la famille de Sorry We Missed You (le dernier Ken Loach) mènent le même combat.
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