dimanche 16 février 2020

MICKEY AND THE BEAR

Réalisation et scénario : Annabelle Attanasio
Au casting : Camila Morrone, James Badge Dale, Rebecca Henderson




D'un coup d'œil
Scènes et dialogues entre femmes : peu
Test Bechdel-Wallace : non-validé, à cause du sujet du film
J'aime : jeune héroïne qui apprend à se construire, soutien entre femmes

Trigger warnings/violences contre les femmes : contexte patriarcal, relation malsaine entre un père et sa fille, alcoolisme et dépendance aux médicaments
J'aime pas : la dénonciation du patriarcat sort très peu du contexte privé

Note féministe : 2,5/5
Note cinéphile : 2/5

Pour en savoir plus (attention, spoilers)
A Anaconda, dans le Montana, les perspectives d'avenir sont limitées. Encore plus pour Mickey Peck, coincée entre son père, Hank, ancien soldat souffrant de choc post-traumatique, accro aux médicaments, incapable de s'occuper de lui-même et au comportement imprévisible dont elle est seule à prendre soin suite à la mort de sa mère, et son petit-ami, Aron, un petit con qui n'a aucun respect pour elle et qui a déjà tout décidé de leur avenir ensemble, alors qu'elle rêve de partir étudier à San Diego. 

La question centrale de Mickey and the Bear est très simple : comment partir quand on doit s'occuper de son père malade parce qu'il n'y a personne d'autre pour le faire ? Mickey compose entre sa vie d'adolescente, premiers amours et rêves d'avenir, et d'aide-soignante ménagère, fille et parfois, de manière malsaine, épouse pour ce père toxique qui ne peut pas, ne veut pas, aller mieux. Annabelle Attanasio s'est attaquée à un sujet complexe pour son premier long métrage, et c'est tout à son honneur vu son âge, 26 ans. Mais le film, même s'il lorgne du côté de Kelly Reichardt ou Debra Granik dans son analyse de la cellule familiale dans un milieu rural, manque de personnalité et n'apporte rien au genre, ce qui le rend très prévisible. D'un point de vue féministe, il n'y a pratiquement pas d'analyse du patriarcat en dehors de la relation de Mickey avec son père et son petit-ami, tout reste dans la sphère privé. Il y avait pourtant largement matière à explorer la communauté dans son ensemble, entre rôle genrés stéréotypés, relation aux animaux spéciste, et contexte socio-économique, pour mieux dénoncer la domination masculine systémique. Espérons qu'Annabelle Attanasio trouvera mieux sa voix pour son prochain film et que Camila Morrone, qui fait malgré tout preuve d'un joli talent, reviendra vite sur les écrans.

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