jeudi 16 janvier 2020

LES FILLES DU DOCTEUR MARCH (Little Women)

Réalisation et scénario : Greta Gerwig, d'après l'œuvre de Louisa May Alcott
Au casting : Saoirse Ronan, Florence Pugh, Emma Watson, Laura Dern, Eliza Scanlen, Meryl Streep




D'un coup d'œil
Scènes et dialogues entre femmes : mention très bien
Test Bechdel-Wallace : validé !
J'aime : sororité, femmes libres de s'exprimer, reconnaissance des talents artistiques des héroïnes, choix de leur destin

Trigger warnings/ violences contre les femmes : contexte patriarcal, sexisme, les femmes ont des droits restreints
J'aime pas : j'ai du mal à trouver, alors je vais dire - et c'est totalement arbitraire - Louis Garrel.

Note féministe : 4/5
Note cinéphile : 4/5

Pour en savoir plus (attention, spoilers)
Jo, Meg, Amy et Beth March grandissent en Nouvelle Angleterre pendant la Guerre de Sécession. Si elles sont très proches, chacune a sa personnalité, ses rêves, ses joies, ses peines, ses expériences, et elles sont toutes les quatre unies par quelque chose qui va au-delà des liens du sang: leur condition féminine.
On peut se dire, au premier abord, que les filles March ont plutôt la vie facile. Elles vivent dans un certain confort, ont une grand-tante très riche, sont éduquées, encouragées à poursuivre des activités artistiques, ont une liberté de pensée et de parole, et sont entourées d'hommes bienveillants : leur père, le fameux docteur March du titre, Laurie et son grand-père, John, Friedrich, Fred, et même M. Dashwood, qui sous des abords bourrus est finalement plutôt sympathique. Mais peuvent-elles, et doivent-elles, s'en contenter ? Non. Alors que Meg, en tous points la fille parfaite et qui a la personnalité la plus accommodante, renonce à son rêve de devenir actrice - un métier jugé peu convenable et trop précaire pour une jeune femme comme il faut à l'époque - se marie avec l'homme qu'elle aime, met au monde deux enfants et vit une existence monotone faite de restrictions, Jo et Amy refusent les concessions. Jo, spontanée, rebelle, vit pour l'écriture, veut laisser son empreinte dans l'Histoire et n'a ni le temps ni la tête au mariage. Amy a toujours clamé haut et fort son ambition d'épouser un homme riche. Pas par vénalité, mais parce qu'elle sait qu'en tant que femme, elle n'a aucun droit. Seule Tante March est libre, parce que très riche. Le monde ne fait pas de cadeau aux femmes, et Jo, Meg et Amy font de leur mieux pour y trouver leur compte sans se trahir, pour avancer sans se laisser ronger par la colère nourrie par l'injustice que leur sexe subit, que Marmee, véritable figure matriarche qui en apparence est capable de tout affronter, avoue devoir réprimer au quotidien. Heureusement, la fiction permet d'offrir aux femmes un dénouement heureux à leur histoire, et nos héroïnes goûtent enfin un bonheur bien mérité (seulement entaché par un deuil tragique), avec ou sans mari, et riches.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire