jeudi 26 septembre 2019

LATE NIGHT

Réalisation : Nisha Ganatra
Scénario : Mindy Kaling
Au casting : Mindy Kaling, Emma Thompson



D’un coup d’œil
Scènes et dialogues entre femmes : mention très bien
Test Bechdel -Wallace : validé
J'aime : naissance d'une solidarité entre femmes, évolution des personnages, femmes motrices de l'action, une femme racisée parmi les héroïnes, femmes aux physiques variés

Trigger warnings / violences contre les femmes : RAS
J'aime pas : hétéronormativité (seulement un troisième rôle masculin gay)

Note féministe : 3/5
Note cinéphile : 2.5/5

Pour en savoir plus (attention spoilers !)
Molly Patel a de quoi se réjouir : son rêve, travailler pour la présentatrice de talk show Katherine Newbury, est enfin devenu réalité. Mais Katherine, de son côté, est sur le point de tout perdre. L'émission est menacée d'annulation, et pour cette femme intransigeante qui a bossé comme une dingue toute sa vie dans un milieu largement dominé par les hommes et qui ne supporte pas la médiocrité et l'humour pipi-caca, c'est un affront. Molly aura plusieurs défis à relever : prouver qu'elle mérite sa place alors qu'elle n'a aucune expérience, gagner le respect et l'amitié (oui, elle y tient) de son idole et sauver l'émission.

A partir de combien d'hommes blancs peut-on considérer qu'il y a trop d'hommes blancs dans une pièce ? (un seul suffit, en ce qui me concerne) (non je déconne) (mais pas tant que ça) (bon ça va y en a que j'aime bien quand même) C'est une question qui revient souvent quand on parle des fameux “late-night talk shows” américains, ces émissions de fin de soirée qui décryptent l'actualité avec humour entre deux invité-es. Entre les Jimmy Fallon et Kimmel, John Oliver, Stephen Colbert, James Corden, on trouve un homme racisé, Trevor Noah, une femme blanche, Samantha Bee, et depuis la rentrée 2019, une femme  racisée, Lilly Singh. Pareil en coulisses : les writers rooms peinent à se diversifier et les hommes blancs représentent encore la majorité des auteurs. Dans les États-Unis du 21e siècle, où les questions de misogynie, d'égalité des sexes, de racisme, de répressions policières et d'immigration sont au cœur des débats, ne faudrait-t-il pas enfin écouter d'autres voix ? Mindy Kaling, femme, racisée, fille d'immigrants indiens (devrais-je ajouter qui ne correspond pas aux canons de beauté d'Hollywood?), répond par l'affirmative. Le film n'est pas parfait en tous points de vue. On aurait aimé que Katherine ait plus de bienveillance envers les femmes, et échapper à des rapports romantiques entre Molly et ses collègues hommes blancs. Elle ne couche avec personne, et alors ? Dommage qu'on en soit encore au point où l'héroïne doive cocher la case “j'ai un mec” pour pouvoir considérer qu'elle a réussi. Surtout que Katherine, elle, a mené sa vie comme elle l'entendait : elle n'a pas eu d'enfant, elle n'a pas quitté son émission à la seconde où son mari a développé la maladie de Parkinson. Et le scandale autour de sa liaison avec l'un de ses auteurs pose une question intéressante : comment doit-on percevoir les femmes en position dominante (dans les hiérarchies professionnelles et sociales) impliquées dans un “scandale” sexuel? Bien sûr, femme ou homme, cela pose toujours un problème éthique. Pour y répondre, je dirais qu'on ne peut pas comparer. Ce ne sont pas les hommes qui sont conditionnés depuis leur naissance à subir les assauts sexuels du sexe opposé en silence, ce ne sont pas les femmes qui harcèlent et violent tout ce qui bouge en toute impunité.
Pour finir, on passe un bon moment en compagnie de deux actrices fantastiques, même si le film aurait pu être plus drôle (cela dit, les scènes du segment “white savior”, où Katherine se moque de ses défauts - blanche, riche, élitiste - sont hilarantes).

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