jeudi 5 décembre 2019

PROXIMA

Réalisation et scénario : Alice Winocour
Au casting : Eva Green, Zélie Boulant-Lemesle, Sandra Hüller




D'un coup d'œil
Scènes et dialogues entre femmes : plus de la moitié
Test Bechdel-Wallace : validé
J'aime : parcours d'une femme dans un monde majoritairement masculin, beau rapport mère/fille, pas de stéréotypes de genre

Trigger warnings/ violences contre les femmes : sexisme
J'aime pas : nudité inutile, représentation du sexisme édulcorée - pour ne pas froisser l'ESA, qui a donné au tournage un accès à des lieux jamais filmés ?
 
Note féministe : 4/5
Note cinéphile : 3/5

Pour en savoir plus (attention, spoilers)
Sarah est astronaute et doit partir pour une mission d'un an dans l'espace. Entre la culpabilité qu'elle ressent de laisser Stella, sa fille de 8 ans, et le sexisme ambiant qui règne dans son milieu, ses derniers jours sur Terre la mettent à l'épreuve.
Avec Proxima, Alice Winocour voulait montrer un personnage de femme qui soit à la fois une héroïne et une mère : "Il y a cette idée dominante, qui est une construction sociale, selon laquelle la responsabilité d’un enfant incombe plus à la mère. C’est la question féministe évoquée dans le film, montrer qu’une femme peut être à la fois une mère et une professionnelle de haut niveau". Je craignais que la culpabilité de mère soit le principal aspect du personnage, mais j'avais tort : si Sarah est bel et bien rongée par la douleur, elle ne s'excuse jamais de choisir la mission et n'envisage à aucun moment d'abandonner. Le domaine spatial étant très largement masculin, elle doit faire face au sexisme des instructeurs et de ses partenaires de mission qui, malgré leurs démonstrations de bienveillance à son égard, préféreraient bien rester entre mecs. Les rares femmes qui entourent Sarah font heureusement preuve d'une belle solidarité envers elle : la femme du centre d'entraînement russe qui lui parle des autres femmes astronautes, et surtout Wendy, qui encadre Stella lors de ses visites au centre, qui accompagne sans juger. Mais le cœur du film, c'est évidemment la relation entre Sarah et Stella. D'une relation quasi-fusionnelle, la mère et la fille doivent apprendre à vivre l'une sans l'autre. Pour Sarah, cela implique de laisser Stella à son père, de ne plus gérer son quotidien à la maison et à l'école, de ne plus être là pour lire une histoire, d'accepter de ne plus être la première à savoir ce qui se passe dans sa vie. Pour Stella, ça veut dire s'habituer à un nouveau quotidien avec un père qui n'a pas toujours fait d'elle sa priorité, découvrir une nouvelle école, se faire de nouveaux amis, devenir plus autonome, surmonter son sentiment d'abandon, sa colère, comprendre pourquoi sa mère part, l'accepter, et, finalement, réussir à lui dire au revoir. Elles se quittent l'une l'autre, mais quittent aussi la forte relation mère/fille qu'elles avaient nouée et qui ne sera plus jamais la même. Alors que le film s'achève sur un plan de Stella, on sait que cette petite fille deviendra elle aussi une héroïne.

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